Ina-Ich en studio - Interview
Un second album prévu pour la rentrée
Kim-Thuy Nguyen, alias Ina-Ich, a sorti en 2007 un 1er album éponyme remarquable et remarqué. La jeune artiste franco-vietnamienne, "libre comme l’eau", vient de terminer ses derniers titres figurant sur un second album prévu pour la rentrée, dans lequel le CP1 Yamaha devrait faire une apparition remarquée. Rencontre.

Que signifie ton nom de scène ?
Ina-Ich : Ina-Ich est un dérivé de l’onomatopée INH-ICH qui évoque un "bruit persistant, dérangeant". Au départ, je cherchais un nom percutant, avec une consonance vietnamienne, pour illustrer ma musique. J’ai ouvert mon dictionnaire et suis tombée sur ce mot : son caractère visuel m’a d’abord séduite, puis lorsque j’ai découvert son sens, je me suis dit qu’il n’y avait pas de hasard dans la vie ! A la demande de mon label, j’ai remplacé le H de INH par un A pour féminiser le nom, et le tour était joué !
Ta double culture influence t-elle directe- ment ta musique ?
Ina-Ich : J’ai une histoire d’expatriée inscrite au plus profond de moi. Et souvent rejaillit la souffrance du déracinement et la quête d’une identité perdue. Tout cela est très violent : j’ai une rage en moi que j’ai toujours eue. Très jeune déjà, j’avais cette boule de feu dans ma poitrine qui me poussait à des accès de colère, de violence, ou de profonde tristesse. La musique et l’écriture sont mes seuls moyens pour évacuer tout cela, c’est pourquoi on y trouve beaucoup de rage, de tristesse... mais aussi beaucoup d’espoir malgré tout !
Quels sont les artistes qui t’ont aidés à extérioriser cette rage ?
Ina-Ich : Il y en a tellement qu’il m’est difficile de tous les citer. Mais j’ai eu plusieurs déclics musicaux dans ma vie, en écoutant Chopin, les Beatles, Brel, Ferré, Nirvana, Rage Against The Machine, Jeff Buckley, Bach, Marilyn Manson, Nine Inch Nails...
Comment composes-tu ?
Ina-Ich : Dans tous les sens ! A partir d’un texte, d’un mot, d’une sensation, d’une humeur, d’un riff de piano ou de guitare... les idées peuvent jaillir de partout ! La chanson vient comme elle vient et je brode autour avec ce que j’ai sous la main à ce moment-là... Mais le fil conducteur dans tout ce joyeux bordel, c’est la sincérité avec laquelle j’écris mes textes. Pour les chanter, il faut que j’assume ce que je dis : je n’ai d’autre choix que d’écrire des choses que je ressens et auxquelles je crois complètement.
Tu as commencé ta carrière en tant qu’accordeuse de piano. Est-ce à ce moment que tu as découvert Yamaha ?
Ina-Ich : Comme tous les étudiants, je connais Yamaha depuis le conservatoire. Motarde dans l’âme, j’ai aussi suivi à une époque tout ce qui se faisait chez Yamaha en matière de motos. Mais notre rapprochement s’est effectivement fait lors d’un stage de perfectionnement sur le réglage des pianos à queue chez Yamaha. A l’époque je travaillais au Centre Chopin comme technicienne accordeuse, et je composais après le boulot. Parfois même certaines idées jaillissaient pendant un accord chez un client ou au magasin !
Tu viens de passer au CP1 après de nombreuses années à jouer du CP33...
Ina-Ich : Aahhh, j’étais déjà ravie du CP33, mais là on entre dans une autre dimension ! D’entrée de jeu, le clavier bois est une révolution pour moi. Malgré mon métier premier d’accordeuse, je n’ai pas tant que ça l’occasion de travailler sur un vrai piano acoustique. Et là, le CP1 me permet de retrouver cette sensa- tion, avec une qualité de son incroyable. En plus, le fait de pouvoir moduler les grains des différents sons à travers divers paramètres (choix des marteaux, pré amp...), donne des possibilités infinies dans les couleurs de son !
A ce point?
Ina-Ich : Oui ! J’avais commencé à travailler sur mon 2e album avec le CP33 mais là je vais reprendre les titres avec le CP1 ! Les sons de piano m’ont définitivement convaincue et il y a tellement de matière sonore à exploiter que les idées foisonnent !!! C’est un vrai régal de travailler les nouveaux titres avec cet instrument!
Le 1er single extrait de l'album L'Année du Tigre est déjà en écoute sur le site http://www.ina-ich.net.