12/10/2011 [Commercial Audio]
Ethernet jusque sous le toit !

Une M7CL-ES, onze stageboxes SB168-ES, trois processeurs/matrices DME, un énorme réseau Ethernet comprenant pas moins de 9 matrices AuviTran AVM-500, près de 300 enceintes, 20 caissons de graves et 42 amplis Nexo… La nouvelle installation audio du Stade de France est celle de tous les superlatifs !
Construit à Saint-Denis, à l’occasion de la Coupe du Monde de Football 1998, accueillie par la France, le Stade de France accueille depuis régulièrement des matches de rugby, des compétitions d’athlétisme, des courses automobiles, des concerts (entre autres, les Rolling Stones, U2, The Police, Céline Dion, Madonna, Depeche Mode, Prince, Black Eyed Peas…), des grands spectacles, et divers événements. Sa capacité varie entre 70 et 80 000 places.
En 1997, le Stade de France avait été équipé d’un système de sonorisation Nexo, composé de clusters d’enceintes Alpha disposées sous le toit elliptique ‘flottant’ du stade, pour diffuser de la musique enregistrée, des annonces, le son des vidéos sur grand écran... ou, sur certains concerts, remplacer des tours d’appoint. Au bout de dix ans, il est décidé de remplacer le système. Le cahier de charges (intelligibilité, sécurité…) n’a pas évolué, mais quelques possibilités ‘de confort’ sont ajoutées au passage. Comme pour l’installation précédente, après appels à candidatures et démos, c’est la société nantaise Melpomen et le fabricant d’enceintes Nexo qui sont choisis.
« Nous nous sommes appuyés sur notre réfection récente du stade de la Beaujoire, à Nantes », précise Sylvain Brottes, Chargé d’Affaires chez Melpomen. « On retrouve ici des développements spécifiques étrennés à Nantes : par exemple un système de bascule automatique sur ampli de secours dans chacune des 9 baies (comprenant entre 4 et 7 amplis NXAMP4x4C chacune) disséminées sous le toit du stade pour alimenter les 44 clusters d’enceintes Geo S12, et le transport des signaux audio utilise un réseau EtherSound. Il est précieux pour nous de s’appuyer sur des partenaires comme Yamaha, Nexo et AuviTran, qui nous suivent et nous écoutent ».
L’arène est découpée selon 4 zones (Nord, Ouest, Sud, Est), correspondant chacune à un canal EtherSound (signal mono), 1 à 4 donc. Le canal 5 est attribué à la pelouse, le 6 au parvis du stade (nous y reviendrons) ; l’enregistrement du programme et de l’interphonie est assuré via les sorties Mix 7 et 8 de la console qui, via une carte d’extension AES/EBU, alimentent un graveur de CD Tascam ; les canaux EtherSound 9 et 10 servent aux envois pour la télévision… Pour chacun des départs N, O, S et E, le signal est divisé en 4 pour obtenir une couverture optimale des rangées de sièges : haut, milieu, bas et mode athlétisme, correspondant à une configuration où la tribune basse recule de 12 mètres, ce qui nécessite de couper certaines enceintes, qui sonoriseraient la piste sinon. La sélection s’effectue au niveau des patches EtherSound.
Le réseau EtherSound intègre aussi, côté entrées, 11 stageboxes SB168-ES, installées un peu partout (entrée joueurs, tribune presse… et aussi nodal d’interphonie), où les liaisons fibre peuvent remplacer le tirage de câbles cuivre, toujours pratique quand les distances sont aussi grandes (un tour de stade fait 800 mètres !). « C’est la stagebox de l’entrée joueurs qui est le plus souvent utilisée (pour récupérer des signaux audio issus de micros HF ou à main, par exemple) : elle arrive donc directement sur les voies 1 à 16 de la console Yamaha M7CL48-ES, qui remplace une 02R », explique Fabien Budnik, Régisseur Audiovisuel du Stade de France. On compte 3 anneaux EtherSound en tout : un dans la toiture, qui relie toutes les baies d’amplis ; un au niveau 5, pour les amplis du parvis et quelques SB168-ES ; et un au niveau 0, pour les SB168-ES.
Le rack des sources intègre deux lecteurs de CD, un enregistreur sur carte et CD, un lecteur DigiCart 360 Systems télécommandé depuis le poste de l’ingénieur du son, et un ordinateur équipé d’un Cubase et d’une carte EtherSound – les machines d’enregistrement répondent à des besoins de suivi légal des contenus diffusés sur le Stade. Le rack de la régie héberge également deux DME64N, un principal et un de secours : l’appareil sert de matrice et assure toutes les égalisations pour optimiser le système, et assure la commutation sur les messages de sécurité le cas échéant. Tous deux sont branchés sur un AVRed AuviTran, avec deux ports de sortie, pour sécurisation (bascule automatique de l'un sur l'autre en cas de défaut du premier). Les liaisons audio avec les matrices de sécurité ATEIS (IDA8C) sont aussi pontées sur les deux DME64N. Comme les matrices ATEIS ne peuvent pas gérer l’EtherSound, des AVA4 convertissent l’EtherSound en AES/EBU.
Un troisième DME, 24 celui-ci, est affecté à la sonorisation du parvis extérieur du stade. « Il fait partie de ce qu’on a proposé en plus », rappelle Sylvain. « Un système de sonorisation distinct permet de couvrir tout le parvis extérieur du Stade, avec 18 clusters de Geo S8 et des amplis NXAMP4x4C, avec entrée EtherSound », complète Fabien. « On compte cinq emplacements correspondent à des « villages » ; de petites cabanes en bois, pourvues d’une sonorisation locale pour des animations spécifiques. Un contacteur permet alors de couper les clusters de la couronne extérieure du stade situés en face d’eux ; le DME24N récupère ces informations. »
Le budget total de l’installation audio dépasse 1,5 M d’euros. La mise en place devant s’effectuer sans rupture de charge, le chantier a démarré début septembre 2010, après plus d’un an d’études. La nouvelle sono a été utilisée pour la première fois, avec la nouvelle console, sur un match de rugby début janvier, mais avec l’ancien système de sécurité. Depuis avril, le nouveau système est fonctionnel à 100%. Commentaire de Fabien Budnik : « La nouvelle installation nous a changé la vie ! On a beaucoup plus de possibilités, et je découvre encore des fonctions sur la M7CL, plus évoluée que la 02R, et d’une ergonomie assez différente. On a tout sous la main, il n’y a pas de couches de faders, on est plus dans un côté ‘live’. J’ai demandé aux ingés son qui viennent souvent ici ce qu’ils préféraient, et c’est la M7CL qui a remporté leurs suffrages. ».
