Bernard Lavilliers : Causes toujours

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4/2/2011 [Artistes]

En pleine promotion pour son nouvel album, Causes Perdues & Musiques Tropicales, Bernard Lavilliers prend le temps de parler musique, vie en tournée, crise du disque, chanteurs engagés. L’occasion de vérifier que le parrain de la 3e édition du Salon de la Musique de Paris, « Music & You », n’a rien perdu de son bagou légendaire. Rencontre.

« Carlos Santana a vraiment bien bossé ».

Dans son studio parisien, Bernard Lavilliers regarde quelques instants sa SG1000RS2. On sent une vraie admiration pour l’instrument, sa construction, son bois, sa mécanique, son histoire aussi. Le Stéphanois martèle quelques accords de « La Salsa » avant d’enchaîner :

« Pour quelqu’un comme moi qui joue toujours à fond, avec le moins de réglages et de pédales possibles, c’est un bon compromis. Et un super instrument pour passer d’ambiances bossanova et jazzy à du reggae ou quelque chose d’un peu plus rock ».

En quarante ans de carrière, le chanteur a passé beaucoup de temps sur les routes, et tissé avec ses instruments une relation particulière – presque intime. Comme il l’explique en empoignant sa guitare électro-acoustique NCX2000FM, « il y a deux types de guitares : celles d’appartements et celles de concerts. Quand on tourne toute l’année, il faut des instruments qui puissent supporter de passer +40°C dans la salle de concert à -15°C toute la nuit dans le bus ».

Avec ses nouvelles guitares, Bernard Lavilliers a enfin des instruments qu’il ne sera pas obligé d’amener avec lui dans sa chambre d’hôtel pour être sûr de les retrouver en bon état le lendemain : « C’est l’une des marques de fabrique de Yamaha : un bois de qualité, bien sec, avec une construction extrêmement précise ». Avant de rajouter dans un large sourire : « C’est pour ça qu’ici il n’y aura bientôt plus que du Yamaha ».

Paradis pour artistes engagés

« Ici », au fond d’une cave du 11e arrondissement, c’est un petit coin de paradis pour musiciens engagés que Bernard Lavilliers est en train d’aménager avec son ingénieur du son, Laurent Gatignol : son propre studio, le premier après avoir squatté des années chez les copains pour faire ses maquettes. Une batterie Tour CUSTOM trône au milieu de la pièce. Du côté de la console, quatre enceintes de monitoring, « parfaites pour entendre s’il y a trop d’aigus ou trop de basses au moment du mix ». Un clavier, Yamaha aussi donc, devrait bientôt compléter le tableau.

C’est là qu’il va faire passer les auditions pour les musiciens qui l’accompagneront l’année prochaine en tournée. Là également qu’il produit le premier album d’un jeune artiste qui fait ses premières parties depuis une paire d’années, Balbino Medellin. « Balbino, c’est quelqu’un que j’ai découvert sur scène, un type sincère, qui chante des choses dures, la rue, la vie du peuple. Quelqu’un pour qui le mot « prolétaire » n’est pas ringard ».

Venant de quelqu’un qui, s’adressant à François Mitterrand, résumait son quotidien en disant qu’il chantait les causes perdues sur des musiques tropicales, le mot est lourd de sens.

« Une cause perdue, c’est une cause dont plus personne ne s’occupe. Moi, je suis toujours là, d’autant plus là qu’on perd peu à peu nos droits sociaux. C’est pour ça que je reste en France, pas question de partir maintenant ». C’est pour ça aussi qu’il est allé chanter « On The Road Again » au Zénith en soutien à Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, les deux journalistes retenus en otage en Afghanistan. Pour ça peut-être aussi qu’il a opté pour un son très 60’s, très Shadows, pour ce 19e album studio – en hommage à une époque où la musique et une certaine marge de la société se réveillaient sous les riffs d’Hank Marvin. Quand on a chanté « les Barbares », « Stand The Ghetto », « Samedi Soir à Beyrouth » ou « Etat des lieux », on ne sait pas faire semblant…

Trente ans après cette discussion avec Mitterrand qui donne son titre à ce nouveau disque, on comprend qu’il y a toujours chez Bernard Lavilliers cette révolte et cette volonté de défendre des causes justes avant d’être perdues. Comme il le dit au moment de se quitter : « Faire la pute pour des politiques, jamais. Mais pour des idées, je suis prêt à faire beaucoup de choses ».

 

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La conception de ce modèle très haut de gamme bénéficie du savoir-faire et de l'expertise d'artisans chevronnés qui, pendant 40 ans, ont fabriqué des guitares espagnoles. Sa sonorité cordes nylon exceptionnelle est reproduite très fidèlement, tout comme sa beauté et sa profondeur tonales très pures grâce à un système de micros et une électronique d'avant garde développés par Yamaha.

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